Paul Kersex est un singulier personnage. Ce « machine man »
italien est l’auteur d’une petite dizaine de releases si on compte son alias TheAwayTeam, et s’est ainsi donné
l’opportunité de publier sur pas moins de 10 labels différents (et cette
fois, c’est en oubliant de prendre en compte son EP self-released). Un homme de
conviction donc, attaché à sa vision de la musique électronique et rien
d’autre, électron libre qui transmet son regard et son savoir un peu partout en
Europe, depuis la belle ville de Rome. C’est aussi et surtout un artisan
électronique, déterminé à passer par une conception analogique de ses morceaux,
et à refuser la facilité parfois déconcertante de la club music actuelle, ses
rythmes 4/4 évidents et sa house gentillette. À l’inverse, Polysick veut que son electronica, si elle croule sous les
références dance et les influences 90’s (et ce notamment en raison des
instruments et des patterns utilisés), ne tire sur aucune corde, ne s’attache à
aucun courant spécifique, de peur de rentrer dans un formatage sournois. Qu’en
est-il du succès d’une telle entreprise ? Après deux ans de productions
plus ou moins réussies, il est encore légitime de se demander si Polysick est
en mesure de dépasser le stade d’espoir surévalué. En effet, Digital Native, son second long format,
s’il ne lui cause pas d’opprobre, ne lui rend pas justice non plus.
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Monday, June 18, 2012
Friday, June 8, 2012
Recondite - On Acid
Depuis la sortie de son premier
Long Play On Acid, la presse n’a plus
que le mot "underrated" à la bouche pour parler de l’heureux Recondite et de ses acolytes de chez Acid Test. Très liés, le Berlinois et son label font cependant leur possible pour cacher l'identité du prodige. Sans doute pour mettre en avant leurs expérimentations, et leur but final. En réalité, toute leur
aventure n’est qu’une histoire – et d’Histoire il est essentiellement question
– d’oscillateur, plus précisément de TB 303. Oui, oui, la Roland Transistor
Bass 303, séquenceur de basse de la fin des années 80 qui, en prenant une utilisation moins conventionnelle (celle voulue par les ingénieurs n'avait pas grand-chose à voir avec cellle qui domina le marché),
fût à l’origine d’un pan historiquement important de la musique électronique
(l’Acid House), et qui valut à Tadao Kikumoto, chef de la R&D chez Roland,
la paternité reconnue par The Guardian d’un des 50 évènements les plus
importants de l’histoire de la dance music. Voilà le résumé wikipédia pour ceux
qui n’avaient vraiment rien suivi, la petite mise à niveau réglementaire pour
ceux qui débarquent. Ce qu’il est aussi bon de savoir, c’est que depuis
toujours, il existe une nostalgie de cette époque chérie par les fans de la
première heure, une nostalgie tantôt ambiante, tantôt frénétique, nourrie par
les souvenirs de vieux fêtards aujourd’hui disquaires en mal de vivre, et par
d’incessants revivals plus ou moins réussis. L’Acid House, sorte de faux âge
d’or, vestige idéalisé d’une époque ou la club music était composée de trois
genres et quatre sous-genres qui se battaient en duel, comme le veut
l’expression. Aujourd’hui, la diversité incroyable de l’univers de la musique
électronique permet de s’accorder sur l’absurdité d’un retour en bonne et dûe
forme de cette éphémère hystérie collective nord-américaine. Un état des lieux
qu’Acid Test comprend, et met
aujourd’hui à profit, et c’est là le point intéressant : tenter de
réexploiter les possibilités d'un instrument injustement réduit à l’utilisation qu’en ont fait les générations passées, et non par ses capacités innées. Voilà l’aventure
dans laquelle Acid Test s’est lancée, le challenge qu’ils se sont donnés, et qu'ils ont relevé haut la main.
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