Mark Stewart, aka Claro Intelecto, est un des soldats de Modern Love, un de leurs guerriers si j'ose dire. Si ses débuts chez Ai Records l’ont tout de suite fait remarquer des plus fins diggers, il faudra cependant
attendre son arrivée sur le label de Shlom
pour que sa renommée soit faite. En effet, la série des Warehouse Sessions, maxis sublimes joignant un soupçon d’électro à
une techno formatée pour le club, ainsi que son premier opus, Neurofibro, l’ont élevé au rang des plus
talentueux contributeurs que la dub techno connaît actuellement. C’est donc en
tant que maître en la matière que Claro Intelecto, en même temps qu’il s’est dirigé chez Delsin (signant au passage un très intéressant EP intitulé Second Blood), nous offre son dernier
album, Reform Club.
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Saturday, April 21, 2012
Tuesday, April 17, 2012
EP de la semaine (partie 1)
Ann Aimee est un label des plus intéressants. Sous-label devrais-je dire, puisque c'est en réalité un rejeton du grand Delsin, mais un rejeton déjà très costaud, et assez riche. Je ne vous avais peut-être pas encore parlé de la mini-série d'EPs intitulée Inertia ? Et bien je vais réparer ce tort immédiatement. Ces compilations petit format furent au nombre de 4, et furent toutes publiées en l'an 2011. De qualité, elles me permirent de découvrir des ovnis comme Area Forty_One ou Ozka, au côté de bombes des monstres sacrés Peter Van Hoesen, Mike Denhert ou encore Roman Lindau. Tout cet amour de la techno partagé dans l'esprit le plus authentique, c'était vraiment une courte mais belle épopée que ces 4 various, épopée qui prit fin avec la sortie janvier 2012 d'un tout aussi beau mix de toutes ces perles par Delta Funktionen (lui aussi contributeur). Vous serez donc ravis d'apprendre qu'Ann Aimee, en plus des nombreux maxis hauts en couleur qu'elle a offert par le passé, sort ce mois-ci un EP de Sawlin, une valeur montante de la techno factory-style qui a elle aussi participé à l'expérience Inertia. Vous l'aurez peut-être découvert lors de sa collaboration avec Subjected lors des trois premiers Vault Series. En ce qui me concerne, ce fût dans un various assez étrange sur lequel figuraient Anne-James Chaton, Ancient Methods et Steven Porter (je n'y croyais pas mais je l'ai encore, à ma grande surprise). Tout ça (Mu EP en réalité) chez l'obscur 10 Label. Peu importe à vrai, car quoi qu'il en soit le nom - Sawlin - m'est resté, et quand j'ai trouvé aujourd'hui son tout nouvel EP, Techno Dumping, je n'ai pas hésité une seconde pour le prendre.
On pourrait croire que le maxi porte bien son nom. D'ailleurs à l'écoute des premières minutes de 'Boring Feels', la track d'introduction, on en est persuadé. Jusqu'à ce que les éléments ne prennent place. Très progressivement, bien entendu, on ne saurait presser de la bonne techno, mais le constat s'éloigne peu à peu de notre premier sentiment, et ce que l'on pensait être un matraquage en règle imminent se révèle être une berceuse faisant part égale à l'intelligence et à l'élégance. Ce rythme est juste plaqué ce qu'il faut pour nous tenir en haleine, mais on est plus caressé par les bruits métalliques d'arrière plan que l'on est assommé par le kick. Une atmosphère s'installe, un climat moite, une tension faible mais sensible, sans que l'on s'ennuie le moins du monde. Voilà 5 minutes que notre périple a commencé et on a désormais du mal à contenir notre excitement quand à la suite des hostilités. Cette fois-ci, c'est plus agressif, une musique de club plus assumée, mais rapidement on se rend compte que c'est à peine s'il nous martèle, car l'environnement qu'il crée autour de sa base rythmique enveloppe si bien celui-ci que la totalité peine à être qualifiée de "dure". C'est assez agréable en réalité, car Sawlin réussit à développer une techno puissante sans qu'elle nous arrache les tympans. Ce n'est pas de la dub techno non plus, c'est tout au plus une techno bien arrangée, avec de beaux effets de contours, et un sound design impeccable. 'Datamen Working' reprend les mêmes aspects, avec une basse totalement jouïssive, et un pied peut-être un peu plus dilué dans une masse mélodique plus complexe. Moins aguichant, mais toujours aussi bien géré, on regrette presque l'apparition des voix trafiquées et de ce lead aigu, trop communs, et appartenant (maintenant) plus au registre de la tech-house de bas-étage que de la techno quadraturée des pointures de chez Ann Aimee. Enfin, 'Neid Auf Vacuum', achève de nous emmener vers les chemins de la tech-house minimaliste, avec ce clap assez incisif, puis ce hi hat, et enfin, ces voix, une fois de plus de trop. Là où on peut lui reprocher de se rapprocher d'un genre un peu moins noble, on ne peut que le complimenter pour l'avoir fait avec classe, car une fois de plus, l'esprit dans lequel il fait ses sons est aussi louable que sa musique en elle-même, et presque tout ce qu'il fait est touché par la grâce.
Très loin du Techno Dumping annoncé, Sawlin réussit néanmoins un EP sublime, qui aura peut-e^tre le mérite de réconcilier les amateurs de techno purs avec leurs démons de la tech-house et de la minimale, ne serait-ce que pour un instant ; et on y trouve aussi bien des morceaux destinés aux raves parties, qu'à des soirées étudiantes (tout dépend desquelles bien entendu, et de quels étudiants vous fréquentez). Ainsi, il devance de peu Midland, qui a été over-plébiscité pour son Placement EP [AUS237], ou d'encore moins le mystérieux Caracal pour son Isle Brevelle [ACRE034], et devient ainsi l'EP de la semaine. Chapeau l'artiste.
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Monday, April 2, 2012
EP de la semaine
Je dois bien admettre que je ne l'ai pas vu venir. En plus, face à Dream Continuum, Morphosis, Ekoplekz ou encore Tevo Howard, la concurrence était rude. Mais contre toute attente, il s'est imposé. Oui, c'est un petit nouveau qui est aujourd'hui (comme souvent par la suite, je l'espère) révélé en tant qu'EP de la semaine. Un jeune anglais de 20 ans, qui se sert sans doute d'un pseudonyme, et non pas de son vrai nom. Il a fallu attendre qu'il signe ce maxi chez Delsin pour que je m'intéresse à lui. Peut-être que vous aussi. Pourtant, Gerry Read vaut le détour. Une triplette d'EPs chez le très UK Fourth Wave, deux autres chez 2nd Drop Records, puis un directement chez Ramp Recordings, un self-released, sans oublier le tout premier chez Dark Arx, c'est au total 8 releases, toutes en 2011, et toutes de qualité, que ce bambin de la techno avait déjà produites. Plus très bambin, en fait, et peut-être pas trop techno non plus d'ailleurs. On ne sait pas trop avec lui. Et c'est précisément ce qu'on aime.
Yeh Come Dance est une escapade entre Chicago, Detroit, et le revival londonnien des deux sphères (vu les sonorités de la house anglaise actuelle). On pense autant aux sons de Ben UFO qu'à ceux d'Omar-S, c'est vous dire. Pas vraiment une réappropriation, un peu plus qu'un hommage, on est en réalité surpris de voir l'authenticité de la facture de sons qui nous rappellent ceux sortis il y a 20 ans. Il y a beaucoup de naturel dans l'inlassable répétition de ces pieds très attaqués, ces snares aigus et accentués, ce souffle numérique presque trop gras, et tout le vintage du beat est reproduit. Mais justement pas à la perfection, ce qui permet à Read d'insuffler sa propre énergie après coup, avec cette profonde nappe de synthé chez 'Yeh Come Dance', ces toms tribaux chez 'Crooked', ou ces filtres dans 'Crawlspace'. On se rapproche alors doucement d'une house plus contemporaine, qui contraste des passages à vides présents dans chaque morceau, où seul le beat, agressif, fait office d'instru.
Chaque morceau est intéressant en cela qu'ils sont chacun une formule différente de la combinaison house actuelle/vieilles sonorités techno, et cela ne manque jamais de claquer. Notons tout de même qu'en terme d'influence "techno de Detroit", le bpm ne va pas au-delà de 130 de tout l'EP, et l'esthétique est plutôt minimaliste. De quoi calmer les ardeurs des fans de Metroplex. Mais par exemple, l'attente avant le sévère kick chez 'Crooked' nous place carrément dans l'atmosphère d'une boîte des nineties. Seules les voix désarticulées qui surplombent le morceau nous ramènent à notre époque. Petite mention pour 'Bozza', qui aurait plus sa place dans un live, avec plus de temps pour savourer la variation, mais bel exercice de style autour d'une influence bossa. Plus prétendue que réelle, cette inspiration, d'ailleurs, m'enfin bon, là n'est pas le propos, car le morceau est loin d'être aussi lassant que prévu avec un tel beat, et procure du charme à un EP déjà assez à son avantage. Pour finir, c'est une belle découverte que ce Gerry Read, artiste qui ne nous intrigue plus que pour une seule raison finalement : qu'est-ce qu'un mec aussi funky vient foutre chez Delsin ? Ah, on me dit qu'ils vont s'orienter vers de la house ? Bon. À part ça, voilà une belle galette qui ne mange pas de pain, pour épater vos potes en soirée, ou à passer dans le bar du coin, mais si, tu sais bien, celui où tu viens faire chier tout le monde avec tes vinyles, et où tu mixes dès que le patron préfère entendre tes sons au son de ta voix. Allez, bisous.
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