Kontra-Musik, avec sa petite trentaine de releases, commence à
avoir du passé. En invitant des artistes comme Dettman, Substance ou Silent Servant à les remixer, les
suédois ont acquis une notoriété ainsi qu’une légitimité. Depuis 2006, Agaric
et ses camarades ont sorti LP de qualité sur LP de qualité, préférant (bien qu’il n’y paraisse pas)
le long format afin d’exprimer toute leur passion. Car voyez vous Kontra-Musik n’est pas un de ces labels
ou paraissent mille EPs à l’année, de plus ou moins bonne facture, pour tomber
dans l’anonymat six mois plus tard. Chaque sortie est une occasion de montrer
leur amour pour ce qu’ils font, et ne doit donc en aucun cas être gaspillée au
profit de desseins commerciaux peu louables ; les suédois revendiquent une
authenticité et une exigence digne des plus grandes formations, rentrant ainsi
dans la cour des grands quand il s’agit de qualité. Kontra-Musik cherche à créer l’intemporalité, cherche à marquer son
auditoire avec des productions émouvantes, en plus d’être puissantes. Le LP de Jason Fine de 2008, Our Music Is A Secret Order, faisait
figure d’exemple, et presque de précurseur en la matière. Un album transgenre,
hésitant entre Deep house et dub techno, comme on en voit beaucoup aujourd’hui,
et n’enfilant pas les bangers comme des perles, mais méritant le titre d’opus
par sa consistance, sa cohérence et son sens du scénario, si l’on peut dire. Un
vrai voyage, un exercice de haute voltige que Jason allait reproduire l’année
suivante, avec un Future Thought tout
aussi réussi, alliant à la perfection l’atmosphère club d’alors (deep house et
minimale régnant en maître sur l’Europe) et les ambiances esthétiquement plus
osées de la dub techno. Entre temps, Gunnar Jonsson (Henrik de son vrai nom), Andreas Tilliander, Joel Alter ou encore
Luke Hess allaient étoffer un
répertoire qui grossissait alors à vue d’œil. Tilliander notamment, sous son
avatar Mokira, posait une grosse
pierre à l’édifice l’année dernière avec la parution de ses Time Axis Manipulation, triplette d’EPs
associés au LP du même nom, sur lesquels on pouvait retrouver les remixes de Silent Servant, Redshape et Echospace. Or,
voyez-vous, mes amis, Kontra-Musik ne perdant jamais une occasion de nous rendre heureux, alors que vient de paraître l'EP de remixes du Mod de Jonsson et Alter (sur lequel featurent Donato Dozzy, Minilogue et Dorisburg, rien que ça), les scandinaves ont en plus décidé de faire une compilation de leurs remixes il y a de cela deux mois. Pour notre plus grand plaisir, nous sommes amenés à réécouter ces pièces
d’orfèvres, luxe musical indécent, ou à découvrir ceux à côté desquels nous
sommes passés. Ainsi, la crème des reworks, reshapes, et autres dub mixes parus sur les EPs signés sur le
fameux K à l’accent sont dans ce various logiquement intitulé Kontra-Musik Mixes, et croyez moi, cette
compile est outrageusement jouissive. Entre Dub techno, Deep techno et Deep House, on passe du tout au tout avec des
artistes allant de Move D à Norman Nodge en passant par A Made Up Sound ou Shed. Pas une seconde n’est à
jeter, et 11 tracks plus tard, ceux qui ne la connaissaient pas se demanderont honnêtement comment ils ont pu passer
à côté d’une structure qui avait tant à offrir. Un bon moyen de se rendre
compte que le court hommage rendu à ce label était plus qu’un beau geste, une
évidence.
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Sunday, May 20, 2012
Focus - Kontra-Musik
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Friday, April 6, 2012
Focus - Label : Auxiliary
James Clements est un surhomme. Quelques années déjà dans le monde de la musique, une bonne quinzaine en fait, mais qu’importe, cela ne justifie en rien un tel talent. Avec une discographie comme pas deux, ASC est le genre d’artiste qui a su évoluer dans toutes les conditions, avec et sans label, dans différents pays, et plus incroyable encore, qui manie les genres musicaux avec une aisance rare. Rien que cette année, ses différentes publications ont été de la techno à la drum’n’bass en passant par l’ambient. Au mois d’avril, il a déjà participé à 5 releases, dont un album dont il est co-auteur. Et si cela ne vous impressionne toujours pas, sachez qu’elles valent toutes d’être achetées : non content d’être un stakhanoviste musical, ASC a décidé d’être excellent dans presque tout ce qu’il fait. Tous les genres, tous les formats, tout est bon, et même très bon. Nombreux sont ceux qui l’ont découvert avec le LP Nothing Is Certain, sorti en 2010 chez Nonplus Records, un autre de mes répertoires favoris. Cet album n’est qu’une page d’un roman commencé en 1997, et dont le personnage central est d’une complexité alarmante, mais touche au génie.
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