Paul Kersex est un singulier personnage. Ce « machine man »
italien est l’auteur d’une petite dizaine de releases si on compte son alias TheAwayTeam, et s’est ainsi donné
l’opportunité de publier sur pas moins de 10 labels différents (et cette
fois, c’est en oubliant de prendre en compte son EP self-released). Un homme de
conviction donc, attaché à sa vision de la musique électronique et rien
d’autre, électron libre qui transmet son regard et son savoir un peu partout en
Europe, depuis la belle ville de Rome. C’est aussi et surtout un artisan
électronique, déterminé à passer par une conception analogique de ses morceaux,
et à refuser la facilité parfois déconcertante de la club music actuelle, ses
rythmes 4/4 évidents et sa house gentillette. À l’inverse, Polysick veut que son electronica, si elle croule sous les
références dance et les influences 90’s (et ce notamment en raison des
instruments et des patterns utilisés), ne tire sur aucune corde, ne s’attache à
aucun courant spécifique, de peur de rentrer dans un formatage sournois. Qu’en
est-il du succès d’une telle entreprise ? Après deux ans de productions
plus ou moins réussies, il est encore légitime de se demander si Polysick est
en mesure de dépasser le stade d’espoir surévalué. En effet, Digital Native, son second long format,
s’il ne lui cause pas d’opprobre, ne lui rend pas justice non plus.
