Tuesday, April 17, 2012

EP de la semaine (partie 1)



Ann Aimee est un label des plus intéressants. Sous-label devrais-je dire, puisque c'est en réalité un rejeton du grand Delsin, mais un rejeton déjà très costaud, et assez riche. Je ne vous avais peut-être pas encore parlé de la mini-série d'EPs intitulée Inertia ? Et bien je vais réparer ce tort immédiatement. Ces compilations petit format furent au nombre de 4, et furent toutes publiées en l'an 2011. De qualité, elles me permirent de découvrir des ovnis comme Area Forty_One ou Ozka, au côté de bombes des monstres sacrés Peter Van Hoesen, Mike Denhert ou encore Roman Lindau. Tout cet amour de la techno partagé dans l'esprit le plus authentique, c'était vraiment une courte mais belle épopée que ces 4 various, épopée qui prit fin avec la sortie janvier 2012 d'un tout aussi beau mix de toutes ces perles par Delta Funktionen (lui aussi contributeur). Vous serez donc ravis d'apprendre qu'Ann Aimee, en plus des nombreux maxis hauts en couleur qu'elle a offert par le passé, sort ce mois-ci un EP de Sawlin, une valeur montante de la techno factory-style qui a elle aussi participé à l'expérience Inertia. Vous l'aurez peut-être découvert lors de sa collaboration avec Subjected lors des trois premiers Vault Series. En ce qui me concerne, ce fût dans un various assez étrange sur lequel figuraient Anne-James Chaton, Ancient Methods et Steven Porter (je n'y croyais pas mais je l'ai encore, à ma grande surprise). Tout ça (Mu EP en réalité) chez l'obscur 10 Label. Peu importe à vrai, car quoi qu'il en soit le nom - Sawlin - m'est resté, et quand j'ai trouvé aujourd'hui son tout nouvel EP, Techno Dumping, je n'ai pas hésité une seconde pour le prendre.



On pourrait croire que le maxi porte bien son nom. D'ailleurs à l'écoute des premières minutes de 'Boring Feels', la track d'introduction, on en est persuadé. Jusqu'à ce que les éléments ne prennent place. Très progressivement, bien entendu, on ne saurait presser de la bonne techno, mais le constat s'éloigne peu à peu de notre premier sentiment, et ce que l'on pensait être un matraquage en règle imminent se révèle être une berceuse faisant part égale à l'intelligence et à l'élégance. Ce rythme est juste plaqué ce qu'il faut pour nous tenir en haleine, mais on est plus caressé par les bruits métalliques d'arrière plan que l'on est assommé par le kick. Une atmosphère s'installe, un climat moite, une tension faible mais sensible, sans que l'on s'ennuie le moins du monde. Voilà 5 minutes que notre périple a commencé et on a désormais du mal à contenir notre excitement quand à la suite des hostilités. Cette fois-ci, c'est plus agressif, une musique de club plus assumée, mais rapidement on se rend compte que c'est à peine s'il nous martèle, car l'environnement qu'il crée autour de sa base rythmique enveloppe si bien celui-ci que la totalité peine à être qualifiée de "dure". C'est assez agréable en réalité, car Sawlin réussit à développer une techno puissante sans qu'elle nous arrache les tympans. Ce n'est pas de la dub techno non plus, c'est tout au plus une techno bien arrangée, avec de beaux effets de contours, et un sound design impeccable. 'Datamen Working' reprend les mêmes aspects, avec une basse totalement jouïssive, et un pied peut-être un peu plus dilué dans une masse mélodique plus complexe. Moins aguichant, mais toujours aussi bien géré, on regrette presque l'apparition des voix trafiquées et de ce lead aigu, trop communs, et appartenant (maintenant) plus au registre de la tech-house de bas-étage que de la techno quadraturée des pointures de chez Ann Aimee. Enfin, 'Neid Auf Vacuum', achève de nous emmener vers les chemins de la tech-house minimaliste, avec ce clap assez incisif, puis ce hi hat, et enfin, ces voix, une fois de plus de trop. Là où on peut lui reprocher de se rapprocher d'un genre un peu moins noble, on ne peut que le complimenter pour l'avoir fait avec classe, car une fois de plus, l'esprit dans lequel il fait ses sons est aussi louable que sa musique en elle-même, et presque tout ce qu'il fait est touché par la grâce.


Très loin du Techno Dumping annoncé, Sawlin réussit néanmoins un EP sublime, qui aura peut-e^tre le mérite de réconcilier les amateurs de techno purs avec leurs démons de la tech-house et de la minimale, ne serait-ce que pour un instant ; et on y trouve aussi bien des morceaux destinés aux raves parties, qu'à des soirées étudiantes (tout dépend desquelles bien entendu, et de quels étudiants vous fréquentez). Ainsi, il devance de peu Midland, qui a été over-plébiscité pour son Placement EP [AUS237], ou d'encore moins le mystérieux Caracal pour son Isle Brevelle [ACRE034], et devient ainsi l'EP de la semaine. Chapeau l'artiste.

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