Monday, April 2, 2012

EP de la semaine



Je dois bien admettre que je ne l'ai pas vu venir. En plus, face à Dream Continuum, Morphosis, Ekoplekz ou encore Tevo Howard, la concurrence était rude. Mais contre toute attente, il s'est imposé. Oui, c'est un petit nouveau qui est aujourd'hui (comme souvent par la suite, je l'espère) révélé en tant qu'EP de la semaine. Un jeune anglais de 20 ans, qui se sert sans doute d'un pseudonyme, et non pas de son vrai nom. Il a fallu attendre qu'il signe ce maxi chez Delsin pour que je m'intéresse à lui. Peut-être que vous aussi. Pourtant, Gerry Read vaut le détour. Une triplette d'EPs chez le très UK Fourth Wave, deux autres chez 2nd Drop Records, puis un directement chez Ramp Recordings, un self-released, sans oublier le tout premier chez Dark Arx, c'est au total 8 releases, toutes en 2011, et toutes de qualité, que ce bambin de la techno avait déjà produites. Plus très bambin, en fait, et peut-être pas trop techno non plus d'ailleurs. On ne sait pas trop avec lui. Et c'est précisément ce qu'on aime.

Yeh Come Dance est une escapade entre Chicago, Detroit, et le revival londonnien des deux sphères (vu les sonorités de la house anglaise actuelle). On pense autant aux sons de Ben UFO qu'à ceux d'Omar-S, c'est vous dire. Pas vraiment une réappropriation, un peu plus qu'un hommage, on est en réalité surpris de voir l'authenticité de la facture de sons qui nous rappellent ceux sortis il y a 20 ans. Il y a beaucoup de naturel dans l'inlassable répétition de ces pieds très attaqués, ces snares aigus et accentués, ce souffle numérique presque trop gras, et tout le vintage du beat est reproduit. Mais justement pas à la perfection, ce qui permet à Read d'insuffler sa propre énergie après coup, avec cette profonde nappe de synthé chez 'Yeh Come Dance', ces toms tribaux chez 'Crooked', ou ces filtres dans 'Crawlspace'. On se rapproche alors doucement d'une house plus contemporaine, qui contraste des passages à vides présents dans chaque morceau, où seul le beat, agressif, fait office d'instru.


Chaque morceau est intéressant en cela qu'ils sont chacun une formule différente de la combinaison house actuelle/vieilles sonorités techno, et cela ne manque jamais de claquer. Notons tout de même qu'en terme d'influence "techno de Detroit", le bpm ne va pas au-delà de 130 de tout l'EP, et l'esthétique est plutôt minimaliste. De quoi calmer les ardeurs des fans de Metroplex. Mais par exemple, l'attente avant le sévère kick chez 'Crooked' nous place carrément dans l'atmosphère d'une boîte des nineties. Seules les voix désarticulées qui surplombent le morceau nous ramènent à notre époque. Petite mention pour 'Bozza', qui aurait plus sa place dans un live, avec plus de temps pour savourer la variation, mais bel exercice de style autour d'une influence bossa. Plus prétendue que réelle, cette inspiration, d'ailleurs, m'enfin bon, là n'est pas le propos, car le morceau est loin d'être aussi lassant que prévu avec un tel beat, et procure du charme à un EP déjà assez à son avantage.  Pour finir, c'est une belle découverte que ce Gerry Read, artiste qui ne nous intrigue plus que pour une seule raison finalement : qu'est-ce qu'un mec aussi funky vient foutre chez Delsin ? Ah, on me dit qu'ils vont s'orienter vers de la house ? Bon. À part ça, voilà une belle galette qui ne mange pas de pain, pour épater vos potes en soirée, ou à passer dans le bar du coin, mais si, tu sais bien, celui où tu viens faire chier tout le monde avec tes vinyles, et où tu mixes dès que le patron préfère entendre tes sons au son de ta voix. Allez, bisous.

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