Tuesday, March 6, 2012

La Sélection #1 - Février 2012

Cette sélection n'est que le début d'une série mensuelle de sélections des 10 nouveautés du mois qui valaient le plus le coup. Faites vous plaisir.


VA - Shangaan Shake, Honest Jon's

Honest Jon's nous lâche un récapitulatif de la série des Shangaan Electro. Et outre la grande qualité du tout, quelques petites pépites sortent du lot. Darren J. Cunningham (ci-dessus) n'est pas prêt de rater une occasion de faire parler de lui. Mark ErnestusHype Williams ou encore Demdike Stare l'ont suivi, et ne s'y sont pas trompés.


Joy O & Boddika - Mercy

SunKlo, la nouvelle écurie des deux tribuns de la "bass-techno" made in UK, va faire parler d'elle. Créée pour l'occasion de la collaboration autrefois impensable entre Joy Orbison et Boddika, sa première sortie est déjà unanimement plébiscitée, tandis que leur précédente rencontre chez Swamp81 avait nourri une attente palpable chez les clubbers, excités par la fraîcheur de ces sons. Si l'on y regarde bien, les deux producteurs ont démarré tous deux à l'aube de cette décennie, et baignaient très certainement dans le même univers musical. Ce terreau fertile qu'est l'Angleterre post-dubstep  a certainement trouvé de nouveaux héraults. Mais est-ce qu'il y a réellement là matière à s'enthousiasmer pour de potentiels débouchés ? L'avenir nous le dira. Il est néanmoins certain que les illégitimes bâtards issus de l'accouplement  dubstep/techno déchaînent déjà les passions.


Monolake - Aligning The Daemon

Parce que Robert Henke ne nous laisse pas le choix. Subjugués par tant de talent, on est forcé de rendre hommage au créateur d'Ableton Live, à ce génie du son, à cet expérimentateur hors pair. J'aurais peut-être du plébisciter l'album, mais je l'ai déjà fait ailleurs ; alors j'ai décidé de ne m'attarder que sur un morceaux de choix, et j'ai voulu laisser aux chiens la curée. Cruelle erreur : tout l'album est merveille.  Ne la faites donc pas, ne négligez pas Ghosts, c'est un voyage à faire.



Cassegrain - Coptic, Prologue

Tandis que la branlette sur Burial n'en finit plus, d'autres font des trucs un peu mieux. Pas de beaucoup, mais tout de même mieux. Pour ne pas me répéter et vanter encore plus Voices From The Lake, j'ai décidé de faire les louanges de Cassegrain, leurs camarades de chez Prologue, qui sortaient ce mois-ci leur troisième EP, intitulé Coptic. Techno ravageuse, ils raviront les amateurs du LP Voices From The Lake chroniqué ici.


Conforce - 24 (Gesloten Cirkel Remix)

Si l'original est une dub techno calibrée, cette version-là  l'est un peu moins. Mais ce que celle-ci perd en pêche et en floorfilling, elle le gagne en émotion, car la mélancolie de ces chords rend inévitablement triste. Ou l'art de trouver un compromis entre techno 4/4 130 bpm, et doux spleen. C'est bon et c'est sorti chez Clone Basement Series. Gesloten Cirkel, quant à eux, ont déjà deux maxis que vous feriez bien d'aller écouter...


Tristesse Contemporaine - I Didn't know

Je pensais qu'ici, nous ne parlerions que de musique électronique sérieuse. J'avais raison, je ne savais juste pas encore que ce genre de musique serait sérieux à mes yeux. Mais je me surprends à trouver quelque chose de franc et audacieux chez ces jeunes parisiens. Et cela ne se limite pas à une track, leur album est cohérent aussi. Cependant, tout comme la Nuit de Rêve de nos compatriotes Scratch Massive, sorti lui aussi chez Pschent, ce quelque chose de rock me retient de l'adouber comme je le ferais pour un bon album techno. Quelques tracks un peu faibles aussi j'imagine. Mon ouverture musicale a décidément bien des limites...



Battles - Sweetie & Shag (The Field Remix)

On reprend avec une belle ritournelle dark signée The Field. Sa reprise du 'Sweetie & Shag' de Battles est une réussite, en accord parfait avec son style, et correspondant à l'exigence de Warp et de ses artistes référents. Juste remaquable.


Burial - Kindred, Hyperdub

Comment ne pas en parler... Peut-être en se taisant tout simplement. Et pourtant ce n'est pas tâche facile de se retenir de commenter le phénomène Burial, même 5 ans après l'incroyable Untrue. Si difficile même que je vais céder à la tentation, et tenter d'expliquer ce qui me plaît tout comme ce qui me froisse chez ce buzz : sa musique est quasi-irréprochable, l'artiste est loin de surfer sur la vague médiatique comme d'autres (bien qu'il sache apparemment très bien utiliser le concept de "mythe" qu'il est devenu). Mais il y a ce petit regret, cette once de frustration quand sa musique est mise en avant dans tant de discours, tant de revues, et que son nom ne peut plus être critiqué... Notamment son tout dernier track en collaboration avec Four Tet, qui reçoit continuellement des louanges depuis le début de semaine alors que je me demande s'il ne faut pas plutôt sauver Willy. Loin de là, d'autres (je pense à ASC, Ital, ou As If...) font de meilleures choses... Je croyais qu'à un certain niveau de culture les gens dépassaient la hype, mais il faut croire que dans tous les milieux, les modes font la loi...


Nina Kraviz - Nina Kraviz LP, Rekids

Une douceur. Une sensualité. Et surtout, une âme. Oui, Nina Kraviz, après quelques années passées dans le milieu si étrange de la musique électronique dite "underground", après presque une dizaine d'EPs (de qualités discutables d'abord, puis une notable collaboration avec Sascha Funke, grande révélation), Nina a su réaliser le tant attendu long format. Son album, portant son propre nom, est sans pareil. Pas au delà de tout reproche, mais son incroyable qualité tient à son âme. Unique, je vous dis. Et cela se vérifie dans chaque note, dans chaque harmonie... Intimiste, mais puissant, il éclabousse les Smallville, Uncanny Valley et autres labels deep de sa classe. Vocal house sur les bords, ghetto, chicago et detroit dans ses recoins les plus sombres, cet opus, c'est du sexe en son. Eargasms expected.


C'en est fini pour février, mais cette sélection est quotidiennement mise à jour dans la rubrique dédiée. Vous y retrouverez aussi les liens des différentes trouvailles, parce qu'il faut savoir être généreux dans la vie. Bon mois !

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