Metro Area, et ses géniaux MA
5 et 6, n’auront pas la
récompense hebdomadaire, je le crains, pusiqu’il s’agit d’une re-release. Xhin et Perc, malgré leurs brillants travaux groupés, ne l’obtiendront pas
non plus. Pas plus qu’ASC, Stay+ ou encore Regis. Non, cette semaine, pour trouver l’heureux élu, créateur du
meilleur EP de la semaine selon Shades of Sound, il fallait
se tourner vers la petite plateforme Sushitech.
Ce label berlinois déjà vieux de 7 ans a su attirer un paquet d’artistes à valeurs
ajoutées, confirmés ou naissants – on pense notamment à Delano Smith, Mikaël Stravostrand, Steve O’Sullivan,
ou plus récemment Mike Huckaby.
Cette fois-ci, c’est Makam, un des
poulains du label, qui décide de quitter l’étable Sushitech Purple pour la première fois et de se confronter aux vrais
pointures dans l’écurie principale du hara.
Dreams of Tomorrow est un EP savoureux, et divertissant, car le
Hollandais sait prendre son temps et nous faire passer d’un monde à un autre avec talent.
Entre les eaux de la deep house, et celles de la techno, Makam ne nous laisse pas une seconde de répit, alors que le
sentiment éprouvé est plus largement celui du repos. Ce maxi est donc
intéressant par le côté inexplicablement doux d’une musique qui démarre souvent avec un beat très accentué, assez violent même, dans la
mesure où rien ne nous permet d’envisqager l’incroyable progression que ces
tracks vont suivre. Après un ‘Unconscious’ assez simple mais qui fait office de
bonne introduction à l’univers de Guy
Blanken, c’est au tour de 'Sensations' de nous faire vibrer. Alors qu’une
fois de plus un rythme soutenu (accompagné d’une ligne de basse très
‘crosstown’ si vous voyez ce que je veux dire) nous amène à croire que l’hymne
tech-house est de mise, le morceau finit par se transformer en une exotique ballade dans un monde coloré de synthés échosés et de flûtes enchanteresses. À
mi-chemin, on a troqué la moiteur des clubs allemands pour l’humidité
sauvage des forêts équatoriales. Assez bouleversant, et assez réussi. Dans ‘Desire’,
le Hollandais ne met plus aucune ambiguïté dans son discours : les nappes sont aussi épasisses que les kicks sont profonds, et le tout est parcouru de chants suaves et cris
d’oiseaux ; enfin, Images,
peut-être le meilleur morceau de l’EP, avec sa ligne de basse faite au synthé
et loopée sur une mesure, est catchy à souhait. Au pays du sucre et du miel,
Makam est roi, car cette douceur sent l’été à s’en foutre plein le nez.
Contrastant avec un très upbeat ‘Self-Awareness’, Makam ne cache pourtant pas son talent de conteur avec ‘Lucid Dreaming’,
6 dernières minutes rêveuses et envoûtantes d’un EP décidément sous-estimé.
Makam, avec sa deep house chaleureuse et atypique, est un des
nouveaux noms sur lesquels il faut compter. Dreams of Tomorrow, ni exceptionnel, ni passable, a toutes les qualités d'un EP efficace, playlistable en de nombreuses occasions, et à noter sur les tablettes de tous les DJs d'afters ou de dimanches ensoleillés pour cet été. On m’a aussi dit beaucoup de bien de sa
prestation au Rex vendredi dernier, alors peut-être faudrait-il songer à
l’inscrire dans nos agendas dès que possible… En attendant, mettez Sushitech
sur vos petits papiers les amis, si vous ne l’avez pas déjà fait, car ils sont
loin d’avoir fini de faire parler d’eux.

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