Friday, May 18, 2012

Vedomir - Vedomir




Vedomir, ça ne vous dit peut-être rien Vakula, sans doute plus. La perle d’Ukraine est de retour avec un album fantasque, techniquement osé, et agréable à souhait.

Sous son alias Vedomir, Mikhaylo Vityk n’avait publié que deux maxis jusqu’à présent, un Not Classic Square très deep chez Soundofspeed, et un plus sophistiqué Loop Minusovka / Orthodox Ambient, une face techno, une face ambient. Ces deux galettes mis à part, Vakula avait en réalité fait parler de lui avec la petite vingtaine d’EPs qu’il avait sorti sous son nom principal. Chez Shevchenko, Leleka ou encore 3rd Strike Records, Vakula avait enchaîné les productions, remixes et autres collaborations depuis 2008. L’année dernière fût particulièrement productive pour lui, une année 2011 qui le vit publier pas moins de 11 EPs. Dans ce lot, un remarqué Leleka, un vinyl partagé avec Steve Reich, et 3 pépites d’EPs chez Shevchenko, le second microlabel qu’il s’est empressé de créer après Leleka. Et depuis ? Eh bien depuis, Vakula s’est à nouveau changé en Vedomir, et a composé un album qui devrait donner un boost définitif à une carrière qui s’étoffait déjà pas mal.

Vedomir, c’est un roman house, une chanson de geste assez deep, et définitivement dansante. Le Brahmagupta version jack, Roland muté en maître de la disco.  Une épopée qui semble ne jamais finir (1h12, c’est assez long pour un album de house), avec ses hauts et ses bas, ses moments de romance et ses scènes d’action, ses retournements de situation, bref, un bon best-seller. Toujours dans une veine deep house étudiée, Mikhaylo nous fait voyager comme rarement ; peu cette année ont réussi à entretenir l’intérêt de leurs auditeurs avec tant de retenue et de subtilité, ne nous laissant jamais accéder à la satisfaction finale de l’emportement et de la danse extatique. Avec bon goût, Vedomir ne vient pas ternir son LP par l’abus de voix cheap, elles ne servent ici qu’à enjoliver des constructions musicales déjà suffisamment élaborées pour séduire. En effet, la composition de Vedomir, bien qu’il s’agisse d’un album de deep house classique, ne souffre pas d’un manque d’originalité et cet album riche et varié métamorphose notre vision de la house pérpétuellement pervertie par toute la merde tech-house actuelle qui se répète et se mord la queue.

Vedomir est un simple brin d’air frais, un conte house romantique, une douceur et un exotisme chaleureux, et bienvenus en ces temps de deep house formatée et indécente. Dekmantel, l'écurie néerlandaise qui a sorti cette perle, fait parler d'elle depuis un certain temps, avec la sortie de maxis par Juju & Jordash, San Proper, et cette année Morphosis et Skudge. Elle a repéré le natif de Konotop il y a un an, et ne l'a plus lâché depuis. Tout ça pour dire que la voix du progrès, c’est l’Ukraine les amis. Comptez sur moi pour vous le rappeler.



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