Vedomir, ça ne vous dit peut-être rien Vakula, sans doute plus. La perle d’Ukraine est de retour avec un
album fantasque, techniquement osé, et agréable à souhait.
Sous son alias Vedomir, Mikhaylo Vityk n’avait publié que deux maxis jusqu’à présent, un Not Classic Square très deep chez Soundofspeed, et un plus sophistiqué Loop Minusovka / Orthodox Ambient, une
face techno, une face ambient. Ces deux galettes mis à part, Vakula avait en
réalité fait parler de lui avec la petite vingtaine d’EPs qu’il avait sorti
sous son nom principal. Chez Shevchenko, Leleka ou encore 3rd Strike Records,
Vakula avait enchaîné les productions, remixes et autres collaborations depuis
2008. L’année dernière fût particulièrement productive pour lui, une année 2011
qui le vit publier pas moins de 11 EPs. Dans ce lot, un remarqué Leleka, un
vinyl partagé avec Steve Reich, et 3 pépites d’EPs chez Shevchenko, le second microlabel qu’il s’est empressé de créer après Leleka. Et depuis ? Eh bien
depuis, Vakula s’est à nouveau changé en Vedomir, et a composé un album qui
devrait donner un boost définitif à une carrière qui s’étoffait déjà pas mal.
Vedomir, c’est un roman house, une chanson de geste assez deep, et
définitivement dansante. Le Brahmagupta version jack, Roland muté en maître de
la disco. Une épopée qui semble ne
jamais finir (1h12, c’est assez long pour un album de house), avec ses hauts et
ses bas, ses moments de romance et ses scènes d’action, ses retournements de
situation, bref, un bon best-seller. Toujours dans une veine deep house
étudiée, Mikhaylo nous fait voyager comme rarement ; peu cette année ont
réussi à entretenir l’intérêt de leurs auditeurs avec tant de retenue et de subtilité,
ne nous laissant jamais accéder à la satisfaction finale de l’emportement et de
la danse extatique. Avec bon goût, Vedomir
ne vient pas ternir son LP par l’abus de voix cheap, elles ne servent ici qu’à
enjoliver des constructions musicales déjà suffisamment élaborées pour séduire.
En effet, la composition de Vedomir,
bien qu’il s’agisse d’un album de deep house classique, ne souffre pas d’un
manque d’originalité et cet album riche et varié métamorphose notre vision de
la house pérpétuellement pervertie par toute la merde tech-house actuelle qui
se répète et se mord la queue.
Vedomir est un simple brin d’air frais, un conte house romantique, une
douceur et un exotisme chaleureux, et bienvenus en ces temps de deep house
formatée et indécente. Dekmantel, l'écurie néerlandaise qui a sorti cette perle, fait parler d'elle depuis un certain temps, avec la sortie de maxis par Juju & Jordash, San Proper, et cette année Morphosis et Skudge. Elle a repéré le natif de Konotop il y a un an, et ne l'a plus lâché depuis. Tout ça pour dire que la voix du progrès, c’est l’Ukraine les amis. Comptez
sur moi pour vous le rappeler.

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