Sunday, April 8, 2012

Compilation de la semaine



http://www.ramprecordings.com/



Cette semaine, ce n'est effectivement pas un EP, mais une compile, dont je fais l'éloge. Le label anglais Ramp Recodings, parent des inétressants offshoots Fourth Wave, Brainmaths, et Pattern, nous offre, pour célébrer sa 50ème release, 17 pistes de bonheur électronique, allant du dubstep le plus profond aux délires électro les plus barrés. Je suis conscient qu'il est dans mes habitudes de préférer des inédits à des re-releases ou des compilations de morceaux déjà sortis, mais la présence de bon nombre de tracks sorties chez le vinyl-only Brainmath m'oblige à parler de cette release. Elle vaut le coup d'oeil. Retour sur RAMP 50.




C'est assez génial de voir la diversité des artistes qui ont signé chez Ramp. En réalité, beaucoup se sont même révélés dans ce haut-lieu de la Bass Music. Car tous ont ce point commun d'adhérer au moins par certains aspects à l'esthétique UK Bass, à ce fourmillement confus et pas vraiment délimité, ce surgenre pour lequel les journalistes anglo-saxons n'ont très souvent pas trouvé autre chose que "call-it-what-you-want" comme définition. Ici, on nage en plein dedans, ce on-ne-sait-quoi plein de basse (et parfois de pas grand-chose d'autre), et c'est assez euphorisant. Zomby introduit avec une touche électro et des synthés qui s'envolent, tandis que 2562 nous fait redescendre avec lenteur et réflexion, léger wobble et écho à l'appui. C'est un fait, ils savent ce qu'ils font : le remix du 'Timekeeper' de Clouds par Ras G est puissant, farouche, et downtempo. Une instru un peu glitch et surtout hop qui raconte une histoire, avec ses hachures identifiables, ses bruissements métalliques, toute une horlogerie mécanique qui se défait à force de breaks et de contretemps. Computer Jay nous réenvoie dans l'espace avec des arpèges digitaux et un esprit faussement 8bit. Très vite lassante, sa voix robotique surfaite est aussi inutile que le morceau en lui même, peut-être le moins bass et le plus ridicule de la compilation. Mais bref, passons.


FaltyDL, un des héraults du genre, signe ici, 'To London', est plus en adéquation avec ce début de compilation, qu'avec ses travaux les plus récents, ou même qu'avec Londres en général. Effectivement, quand je pense à Londres (et il est peut-être un peu cliché et superficiel de dire cela), je pense plus aux raves de drum'n'bass ou de dubstep, et au Ardkore continuum (pour utiliser la terminologie actuelle), qu'à une comptine électro sur fond de bass music. C'est donc une électro assez domestiquée, et agréable à l'écoute, mais profondément chiante sur le plan musical, qu'on se farcit pendant 4 minutes. Allez, je suis dur, on remarquera que cette basse mono progressivement saturée est assez jouïssive. Outre l'inimportant 'A Ruslting' de Shortstuff, Maxmillion Dunbar nous gratifie d'une ballade assez folle avec ses cuts et ses retournements à vous donner l'envie de tuer quelqu'un. On est tantôt porté par ces faibles percussions, tantôt enivré par cet entêtant lead avec ces quelques accords de clavier. On commence à croire à une compilation consistante. Et même cohérente, puisque Desto, avec un 'Disppearing Reappearing Ink' presque au-delà de tout reproche, nous rapproche du dubstep, sans trop nous faire quitter cette phase électro-glitch, et à part ce wobble qui nous hérisse un peu le poil, c'est avec un léger excitement que l'on sort demi-heure d'écoute. Et c'est pour le mieux car le meilleur est à venir.


SBTRKT & Sampha donnent le ton de cette deuxième moitié d'album. Superbe 'Evening Glow', morceau déjà sorti en 2010, il est certainement le meilleur de leur répertoire, et de cette compilation. La suite est tout aussi emballante, puisque le 'Hold On'  de Doc Daneeka et le 'Go Shorty' de Hypno assortissent ces saveurs bass d'un côté tribal assez tonique. Pris sous l'impulsion de cette bassdrum, les tympans frémissent, et on est assez vite transporté. L'esprit rave UK Bass est presque là, on touche au but. Aïe, Bad Autopsy et Jamie XX nous sortent de notre transe un peu violemment. Mais c'est avec les honneurs que l'ex-membre du groupe pop-à-la-mode-de-merde s'en tire, puisque son remix du 'Hop Love' de FaltyDL, est agréable à l'écoute. Peu importe la fatigue, il nous faut continuer, nos efforts ne seront pas vains, je vous le promets. Plus de sons à la boiler room mais un Stay+ qui nous envoie haut, très haut dans le ciel, avec une montée d'adrénaline digne des plus beaux albums. À mi-chemin entre Discovery et Rooms, c'est cheap sans l'être, un intense voyage direction paradis. Pour clore l'exercice, Cupp Cave nous gratifie d'un très beau morceau ambient/drone, 'White Out', au grain sale et à l'écho rêveur.


C'en est fini de RAMP 50. Une heure et vingt minutes plus tard, on ne regrette pas le voyage. Peu de morceaux inutiles, et un sens de la cohésion qui fait plaisir à voir chez un label au catalogue aussi varié. Si vous n'aimez pas trop le wobble, si vous n'aimez pas les grosses basses qui sentent Southwark ou Whitechapel, ou l'électro aux accents pop (et non l'inverse), vous n'aimerez pas ce RAMP 50. Sinon, vous n'avez plus qu'à dire "merci", et "s'il vous plaît, encore".

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